Le testament était on ne peut plus simple… c’est du moins ce que la famille pensait. Le couple avait prévu léguer ses biens à ses deux fils. Le temps a passé : le père est décédé, mais il n’y avait aucune raison de s’inquiéter au sujet du partage de l’imposant patrimoine. Cependant, la mère a vécu jusqu’à un âge très avancé et ses deux fils septuagénaires sont décédés avant elle, ne laissant aucun héritier.

Au décès de la mère, qui avait plus de 90 ans, à qui l’argent durement gagné et épargné au fil des décennies est-il revenu?

Sans doute pas à la personne que la famille aurait souhaité. En l’absence d’enfants survivants, elle aurait pu léguer ses biens à des amis ou à des organismes de bienfaisance. Mais comme le couple n’avait plus de famille au Canada, c’est un cousin vivant en Europe de l’Est, que la famille n’avait jamais rencontré et dont elle ne connaissait peut-être même pas l’existence, qui a reçu un héritage d’un million de dollars.


1. Aucun plan B

L’erreur que les parents ont commise et que bien d’autres personnes commettent est qu’ils n’ont pas prévu de legs subséquent dans leur testament. Ils n’avaient donc pas de « plan B » dans l’éventualité où ils vivraient plus longtemps que leurs bénéficiaires.

Voilà une histoire qui devrait servir de leçon à tous ceux qui rédigent leur testament. Tout le monde fait des erreurs – même les avocats et les notaires – et la moindre erreur peut faire échouer les plans les mieux élaborés en vue de la transmission des biens et des objets de famille.

2. Absence de testament

Selon Laima Alberings, planificatrice fiscale et successorale à Gestion de patrimoine TD, en ne rédigeant pas de testament, vous portez préjudice aux personnes qui vous sont chères. Pratiquement n’importe qui pourrait réclamer vos biens devant les tribunaux. Si votre situation est complexe ou s’il y a des dissensions au sein de votre famille, votre succession pourrait traîner devant les tribunaux pendant des années et coûter des milliers de dollars en honoraires d’avocat.

3. Erreurs de calcul

Il existe de nombreuses façons de partager les biens entre les bénéficiaires… et chaque méthode peut être source d’erreurs. De simples erreurs dans le calcul des montants ou des pourcentages des biens à distribuer peuvent entraîner de longues procédures devant les tribunaux pour régler la succession. Il est préférable de diviser l’ensemble des biens en parts. Par exemple, les parents qui souhaitent inclure dans leur testament leurs trois enfants, un ami très cher et trois organismes caritatifs qui leur tiennent à coeur pourraient répartir leurs biens en divisant la valeur totale de ceux-ci en 100 parts et décider de léguer 30 parts à chacun de leurs enfants, 5 parts à leur ami et 1,66 part à chacun des trois organismes. Ainsi, si la valeur des biens change, les bénéficiaires recevront la part qui leur est due.

4. Enfants trop jeunes

Vous voulez peut-être que vos enfants héritent de vos biens, mais pas qu’ils reçoivent une importante somme avant 18 ans. En ajoutant dans votre testament des clauses relatives à une fiducie au nom d’enfants mineurs, vous éviterez que vos enfants de moins de 18 ans touchent leur héritage immédiatement à votre décès. Ces clauses stipulent que s’ils héritent à un jeune âge, les biens seront détenus en fiducie et attribués selon un calendrier établi. Si vous envisagez de créer une fiducie, consultez votre avocat ou votre notaire ainsi que votre conseiller financier.

5. Choix mal avisé du liquidateur ou de l’exécuteur testamentaire

Désigner le « mauvais » liquidateur ou exécuteur testamentaire peut contrecarrer vos dernières volontés à cause d’un conflit de personnalités, d’un manque de compétence ou d’une incapacité. Votre liquidateur ou exécuteur testamentaire est-il plus âgé que vous? Est-il toujours fiable? Est-il trop occupé pour gérer ses propres affaires? Peut-être serait-il préférable de choisir un autre liquidateur ou exécuteur ou de nommer une société comme votre banque pour remplir cette tâche. Quoi qu’il en soit, vous devriez revoir votre testament fréquemment pour vous assurer que le liquidateur ou l’exécuteur testamentaire que vous avez désigné demeure toujours le meilleur choix.

6. Avocat ou notaire qui n’est pas spécialisé dans les testaments et les successions

Consulteriez-vous un dermatologue si vous aviez des douleurs à la poitrine? Alors pourquoi demanderiez-vous à un avocat ou à un notaire qui n’est pas un spécialiste des testaments et de la planification successorale de rédiger votre testament? Les gens se tournent souvent vers un avocat ou un notaire avec qui ils ont déjà fait affaire lors de l’achat d’une maison, mais les avocats ou les notaires ne sont pas tous des experts dans tous les domaines. Pour rédiger un testament, consultez un spécialiste des testaments et des successions.

7. Manque de précisions au sujet des effets personnels

Mme Alberings se souvient d’une famille qui s’est disputé la théière de 40 $ que la mère utilisait au dîner le dimanche. « La famille a dépensé des milliers de dollars en honoraires d’avocat pour savoir qui aurait la théière. » En raison de leur valeur sentimentale, les effets personnels suscitent sans doute le plus de querelles familiales. Il est donc recommandé d’être aussi précis que possible au sujet de la répartition des effets personnels. Songez à dresser une liste détaillée des effets personnels dans une note que vous enverrez à votre avocat ou à votre notaire.

8. Complications liées au chalet

Non seulement un chalet a-t-il une valeur sentimentale, mais des coûts et des taxes y sont associés. La situation se complique lorsqu’un enfant souhaite avoir le chalet familial, qu’un deuxième possède son propre chalet et qu’un troisième vit trop loin pour pouvoir en profiter. Parlez-en d’abord à vos enfants pour savoir qui aimerait hériter du chalet et qui serait prêt à en assumer l’entretien et à en payer les coûts. Précisez ensuite dans votre testament qui en héritera (celui qui souhaite vraiment l’avoir), qui en assumera l’entretien et qui l’utilisera.

9. Trop ou trop peu de conditions

« Plus vos restrictions sont précises et détaillées, plus vous compliquerez la tâche de votre liquidateur ou exécuteur », explique Mme Alberings. Elle se souvient d’un client qui ne voulait rien léguer à son enfant si celui-ci avait un tatouage. Mme Alberings a répliqué qu’il serait difficile pour le liquidateur ou l’exécuteur de vérifier si l’enfant a un tatouage quelque part sur son corps et que rien ne l’empêcherait de se faire tatouer une fois qu’il aura reçu son héritage. Cette idée a été abandonnée.

10. Conditions vagues

De même, des conditions vagues ou un partage flou peuvent aussi être source de stress et aller à l’encontre de vos volontés. Que se passera-t-il, par exemple, si vous précisez dans votre testament que vous laissez votre bague à diamant à Cat, mais que vous avez plusieurs bagues à diamant? Et par Cat entendiez-vous votre fille Cat, votre cousine Cathy ou votre tante Catherine? (Prendre des photos numériques des articles en question vous permettra d’indiquer ce qui reviendra à chacun.)

Mme Alberings, quand vient le temps de rédiger votre testament, il est important de consulter un spécialiste chevronné qui connaît bien votre situation personnelle et peut vous aider à réaliser vos souhaits pour votre famille. Vous aurez ainsi l’esprit tranquille, en sachant que le bien-être de votre famille est assuré et que vos volontés seront respectées.

– Don Sutton, Parlons argent et vie