Lotte Davis et son mari John ont démarré leur entreprise de produits capillaires, AG Hair, dans le sous-sol de leur maison, dans la région de Vancouver, en 1989. Ils ont trouvé un fabricant, ont acheté des contenants, ont imprimé des étiquettes et les ont appliquées eux-mêmes sur les bouteilles la nuit. Le jour, son mari appelait les salons pour vendre les produits.

Environ dix ans plus tard, en prenant un certain recul, Lotte s’est rendue compte que l’entreprise était rentable et en croissance. Elle a su qu’il était temps de réaliser le rêve de toute une vie : retourner en Afrique, le continent où elle est née, pour redonner et faire œuvre utile.

« Je suis montée à bord d’un avion à destination de Nairobi, et j’ai compris ce qui s’y passait, se souvient Lotte.

Lotte a grandi en Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid. Sa famille est partie s’établir au Canada, où elle a continué de voir des inégalités raciales et entre les sexes, bien que de manière plus subtile. Ces expériences ont donné à Lotte l’envie de contribuer au changement.

Elle à mis à profit ses compétences et ses relations d’affaires pour faire une différence en Afrique. Elle a enregistré One GirlCan à titre d’organisme de bienfaisance auprès de l’Agence du revenu du Canada, et a commencé à le bâtir pièce par pièce, de la même façon qu’elle a bâti son entreprise AG Hair.

One Girl Can fournit un accès à l’éducation aux jeunes filles défavorisées des régions rurales du Kenya et d’autres pays africains. L’organisme aide les jeunes filles à terminer leurs études universitaires jusqu’à ce qu’elles gagnent un revenu. Lotte a intégré l’organisme de bienfaisance dans presque toutes les activités d’AG Hair : l’entreprise contribue au maintien de One Girl Can en faisant don de son temps et de travailleurs qualifiés et en fournissant des bureaux à l’organisme et en sollicitant des dons de ses clients et de ses employés.

L’intégration de One Girl Can permet à son entreprise de se démarquer. Selon Lotte, la rétention des employés et la fidélisation de sa clientèle s’en sont accrues. C’est une des raisons pour lesquelles elle suggère que chaque entreprise, grande ou petite, trouve sa façon de redonner.

Jo-Anne Ryan, vice-présidente, Services-conseils en philanthropie et directrice générale de la Fondation de dons particuliers, Gestion de patrimoine TD, offre les conseils suivants aux entreprises qui souhaitent ajouter un volet caritatif à leur organisation :

1) Choisissez une cause qui est importante pour l’entreprise

Il peut s’agir d’une cause ou d’un organisme qui est personnellement important pour le propriétaire ou les employés ou qui cadre avec votre marque et vos clients. « Comme il y a plus de 86 000 organismes de bienfaisance au Canada, les besoins ne manquent pas, affirme Jo-Anne, et les gens ont plus tendance à se montrer généreux lorsqu’ils se sentent concernés par le problème. » La participation des employés à des activités caritatives peut offrir d’excellentes occasions de renforcer l’esprit d’équipe et de remonter le moral.

2) Égalez les dons faits par vos employés

Envisagez de donner l’équivalent des dons faits par vos employés. « Un plan de contribution égale peut constituer un élément important du programme de responsabilité sociale d’une entreprise et accroître la participation et l’enthousiasme des employés », affirme Jo-Anne. Au besoin, plafonnez le montant à un seuil approprié pour votre entreprise. Le fait de verser des dons équivalents à ceux de vos employés fera une plus grande différence dans la cause que vous soutenez et favorisera l’engagement positif des employés.

3) Établissez un fonds à vocation arrêtée par le donateur

Un fonds enregistré à vocation arrêtée par le donateur est une excellente solution de rechange à une fondation et permet à votre entreprise de démarrer avec aussi peu que 10 000 $. À mesure que le fonds croît, vous pouvez choisir les organismes de bienfaisance auxquels vous souhaitez donner. « Si votre entreprise établit un fonds à vocation arrêtée par le donateur, elle peut y cotiser pendant les années où elle se porte bien », précise Jo-Anne, « et s’assurer d’avoir suffisamment de fonds pour les remettre à des organismes de bienfaisance pendant les années où les finances de l’entreprise ne sont pas aussi solides. »