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Présenté par TD
Illustration of a charlatan giving a presentation in front of financial imagery

Sombres histoires de spéculation

Vous arrive-t-il d’avoir envie d’acheter un titre en vogue? Prenez le temps de faire vos recherches. Dans les trois histoires ci-dessous, ce que de nombreuses personnes croyaient être un gain facile s’est avéré une duperie.

Écrit par Kanwal Rafiq
le 29 septembre 2022
Illustration : Inna Gertsberg

Approchez. Nous avons des histoires effrayantes d’investisseurs qui s’emballent, mettent tous leurs placements dans le même titre et découvrent qu’il n’est pas aussi lucratif qu’ils le pensaient. Est-ce qu’on parle des dernières actions-mèmes? Non. De cryptomonnaie? Non. Ces histoires sont encore plus effrayantes parce qu’elles se sont passées avant l’arrivée de nos téléphones intelligents.

Qu’est-ce qui pousse les investisseurs à se mettre dans des situations aussi terrifiantes? Selon Anthony Damtsis, directeur, Finance comportementale, Gestion de patrimoine TD, parfois, « la perspective d’une grande récompense peut obscurcir notre jugement ». Dans le cadre de ses fonctions, il étudie le chevauchement entre la psychologie et l’économie pour comprendre pourquoi nos comportements – ce qu’on appelle nos biais – nous incitent à prendre certaines décisions financières.

Certains biais peuvent nous aider à choisir quel film d’horreur aller voir (celui pour lequel la file d’attente est la plus longue, bien sûr), et d’autres peuvent nous amener à investir dans un placement qui n’a pas fait ses preuves. Il y en a trois en particulier – le biais de confirmation, le biais d’optimisme et l’effet du messager – qui peuvent piéger les investisseurs, même les plus habiles, en quête de gains rapides.

Les trois histoires effrayantes ci-dessous concernent des titres qui étaient en vogue à leur époque. Des comportements similaires se sont produits plus récemment avec les actions-mèmes notamment. On peut vite se laisser emporter par l’engouement, surtout lorsqu’on pense pouvoir réaliser un gain important. « L’anticipation vient de notre cerveau rapide, explique M. Damtsis. Mieux vaut ralentir, faire preuve de diligence raisonnable et faire des recherches pour activer notre cerveau lent, notre pensée rationnelle, afin de déceler les risques d’erreur. »

Lisez ce qui suit pour en savoir plus sur le rôle qu’a joué chacun de ces biais dans ces histoires :

Histoire effrayante no 1 : L’affaire de la mine vide

En 1995, la société Bre-X Minerals, établie à Calgary, annonça avoir trouvé de l’or. Et ça tombait à point nommé. Peu après avoir acheté un site minier en Indonésie, la société minière, qui connaissait alors des difficultés, déclara avoir découvert d’importantes quantités d’or. À mesure que la taille du gisement prenait de l’ampleur dans les rumeurs, l’action auparavant cotée en cents montait en flèche. Elle qui avait été cotée à 30 cents en 1989 lors du premier appel public à l’épargne (PAPE) atteignit un sommet à 286 $ en 1996. Partout au pays, des caisses de retraite, des banques et des particuliers se ruèrent dessus.

Or, voilà ce qui s’était passé en coulisse : Lors du premier forage en 1994, le géologue Michael de Guzman avait mélangé de l’or de son alliance à des échantillons de forage écrasés. Il avait utilisé des proportions réalistes afin de ne pas éveiller les soupçons. Les années suivantes, il acheta de l’or de la région pour le mélanger aux échantillons. C’est ce que les professionnels de l’exploitation minière appellent le « salage ».

À ce moment-là, Bre-X semblait prospère. De nombreuses autres grandes sociétés minières manifestèrent de l’intérêt et réussirent même à mettre la main sur des actions. Le pot aux roses fut découvert en 1997 lorsque la société minière américaine Freeport McMoRan s’engagea à acheter 15 % de Bre-X. En menant des activités de diligence raisonnable sur site, elle eut la désagréable surprise de ne trouver que des quantités négligeables d’or. Peu après, le géologue De Guzman, en route pour rencontrer l’équipe de Freeport, tomba mystérieusement de son hélicoptère. Son décès fut classé comme un suicide. L’action Bre-X commença à s’effondrer, avec des conséquences dévastatrices pour les investisseurs. Les caisses de retraite canadiennes subirent d’énormes pertes – le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario, par exemple, perdit 100 millions de dollars. Plusieurs investisseurs allèrent jusqu’à se suicider en raison de l’écroulement soudain de l’action Bre-X. Plus tard cette année-là, des rapports confirmèrent qu’il n’y avait finalement pas d’or dans la mine.

La leçon pour les investisseurs?

Le biais de confirmation est réel. Avec l’intérêt manifesté par de grandes sociétés et d’autres investisseurs, tout portait à croire qu’un placement dans Bre-X donnerait un rendement garanti.

Veillez à ne pas chercher seulement des faits et des renseignements qui vous confortent vos idées préconçues.

Histoire effrayante no 2 : L’affaire de la bulle vide

Nortel Networks Inc. a commencé à fabriquer de l’équipement téléphonique pour Bell Canada au XIXe siècle. Un siècle plus tard, alors que le monde se tournait vers la Silicon Valley pour l’innovation technologique, ce géant mondial passa de la fabrication aux réseaux de données. Nortel racheta plusieurs entreprises en démarrage dans le domaine de l’Internet à la fin des années 1990. On chanta ses louanges pour sa capacité à faire des acquisitions judicieuses, et le cours de son action décolla, même si la société ne déclarait pas de bénéfices. Loin d’être rentables, ses acquisitions se révélèrent plutôt être seulement des dépenses importantes.

Par des jeux d’écritures comptables très discutables, Nortel réussit à camoufler ses dépenses d’acquisition et à cacher ses pertes. À l’époque, la direction de l’entreprise sut convaincre les investisseurs que les nouveaux chiffres reflétaient mieux les perspectives de croissance. Les investisseurs se sont laissé convaincre et le titre atteignit alors un sommet de 124,50 $.Les investisseurs se sont laissé convaincre et le titre atteignit alors un sommet de 124,50 $. À un moment donné, Nortel représentait plus du tiers de l’indice composé 300 de la Bourse de Toronto et était la neuvième société ayant le plus de valeur au monde.

Avec l’éclatement de la bulle Internet, la demande de produits de Nortel baissa. La société ne pouvait plus cacher sa grande précarité financière. En 2002, l’action plongea à 3,00 $ et Nortel déclara faillite. Les investisseurs, les caisses de retraite et le personnel de Nortel virent leurs économies personnelles et des millions de dollars s’envoler de leurs comptes. Nortel fit l’objet d’accusations au criminel et au civil. Ce fut le début d’une longue bataille devant les tribunaux. Même si Nortel versa 35 millions de dollars américains à la U.S. Securities and Exchange Commission pour régler les poursuites civiles, après neuf ans de procédures, les principaux dirigeants de Nortel furent acquittés de toute accusation criminelle.

La leçon pour les investisseurs?

Surévaluer des résultats positifs et ignorer des résultats négatifs, c’est ce qu’on appelle le biais d’optimisme. Internet représentait l’avenir et Nortel avait une histoire d’innovation en matière de conception. Tout le monde pensait que les acquisitions étaient de bonnes décisions. Après tout, la société avait passé de nombreuses décennies à donner confiance et à établir sa crédibilité. Les investisseurs étaient optimistes et pensaient que l’action ne ferait que monter, mais la leçon leur a finalement coûté très cher.

Histoire effrayante no 3 : Le mystère de la fonte des profits

L’histoire effrayante du fonds de couverture Sextant Strategic Opportunities Hedge Fund nous ramène à des heures sombres de la fin des années 2000.

Ce fonds leurra des investisseurs riches et soi-disant « avisés » en leur promettant de posséder des icebergs. À l’époque, les gens achetaient de plus en plus d’eau embouteillée plutôt que de consommer l’eau du robinet, alors l’idée d’investir dans une société qui vendait de l’eau de glacier de qualité supérieure semblait séduisante. Après un investissement initial de 22 millions de dollars, Sextant déclara un rendement de 170 % en un an. Le fonds remporta même un prix du meilleur rendement en 2007. Et les initiés de Sextant s’enrichirent grâce aux fabuleux retours.

Trop beau pour être vrai? Évidemment! Un audit de routine de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario (CVMO) révéla que Sextant contrôlait les sociétés d’exploitation des glaciers. Aux yeux des investisseurs, Sextant était un choix de placement judicieux. Ils étaient loin de se douter que le fonds de couverture avait gonflé la valeur d’Iceland Glacier Products – société qu’il possédait – et prélevé des millions de dollars en frais, alors que les sociétés d’exploitation des glaciers ne furent jamais rentables.

L’histoire de Sextant ne fit pas beaucoup les manchettes. Les investisseurs « avisés » ne furent guère enclins à reconnaître qu’ils avaient été dupés. De plus, la fraude de Sextant fut révélée la même semaine que le scandale Bernie Madoff. Et c’est la combine à la Ponzi de 65 milliards de dollars américains qui vola la vedette.

La leçon pour les investisseurs?

Nous accordons beaucoup de confiance aux opinions de nos amis et des figures d’autorité. Les psychologues appellent ça l’effet du messager. Les investisseurs qui avaient confié leur argent à Sextant s’étaient convaincus entre eux que c’était une excellente idée de détenir une partie de l’eau la plus pure de la planète. Évidemment qu’il fallait investir!

Selon M. Damtsis, dans chacune de ces trois histoires, les trois biais étaient présents simultanément. « Une chose en entraîne une autre, et cela crée une boucle de mauvaises décisions. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des façons d’éviter ça! »

Comment éviter ces biais?

  • Ayez conscience de vos biais : Sachez qu’ils peuvent influencer les décisions que vous prenez et la façon dont vous recevez l’information.
  • Adoptez un point de vue externe : Lorsque vous faites des recherches sur un titre, comparez la société à ses concurrents. Cela peut vous aider à vous demander pourquoi vous avez choisi ce titre plutôt que d’autres, et à lutter contre le biais de confirmation.
  • Effectuez une analyse pré-mortem : Cette technique vous oblige à faire preuve de créativité pour imaginer ce qui pourrait mal tourner. Ajoutez la fraude à la liste. La réalisation d’une analyse pré-mortem est une façon de tempérer votre biais d’optimisme et de tester vos théories.

En conclusion : Attention à vos biais; on en a tous! Avoir conscience de vos angles morts peut vous aider à éviter des erreurs coûteuses. Sombres-histoires-de-spéculation-français https://www.td.com/ca/fr/investir/placement-en-direct/education

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