L’expérience est la source de toute sagesse, et certains avancent qu’un rude apprentissage est peut-être la meilleure école, même en ce qui concerne nos finances personnelles. Mais nous aurions pu apprendre certaines leçons plus tôt, si seulement quelqu’un avait pris le temps de nous en informer.

« Un conseiller m’a fait remarquer que je payais mensuellement presque 100 $ en frais de retrait chaque mois, se rappelle Trixie Mangunpratomo, une planificatrice financière de 33 ans à l’emploi de Gestion de patrimoine TD à Toronto. J’aurais dû le consulter plus tôt. » Comme Trixie, même ceux d’entre nous qui ont le plus de connaissances financières peuvent avoir des angles morts qui leur font perdre pied concernant leurs objectifs financiers. D’après un sondage sur la finance comportementale réalisé par Gestion de patrimoine TD1, plusieurs des milléniaux sondés, qui comprenaient ceux gagnant plus de 100 000 $ par année, choisissent de s’occuper eux-mêmes de leur plan financier. Le sondage indique que ceux qui font partie des 18 à 34 ans ont 3 fois moins de chances d’avoir un plan financier auprès d’un conseiller que ceux qui ont 55 ans et plus. À l’heure actuelle, seulement 15 % d’entre eux ont un plan financier auprès d’un conseiller.

De plus, selon le sondage de Gestion de patrimoine TD, les sondés de ce groupe d’âge étaient moins susceptibles d’obtenir un score élevé en conscience financière (35 %) et plus susceptibles d’être hautement réactifs à l’égard de leur argent (43 %) que les sondés plus âgés. Cela signifie qu’ils sont peut-être moins disciplinés pour ce qui est de leurs habitudes financières et plus susceptibles de prendre des décisions impulsives quand les marchés subissent de la volatilité. Raison de plus pour que les milléniaux ressentent peut-être l’utilité de faire appel à un copilote, comme un conseiller, pour les aider à apprendre à faire des placements et à garder le cap sur leurs objectifs en se sentant de plus en plus en confiance.

Nous avons demandé à 12 conseillers et conseillères de Gestion de patrimoine TD, tous de moins de 40 ans, de partager les leçons sur l’argent apprises à leurs dépens et de nous dire pourquoi le recours à un professionnel de la finance aurait pu les aider à économiser du temps, de l’argent, et même à sauver la face.

Leçon à retenir : S’occuper ensemble de l’argent

Keleena Mariasine

Conseillère en gestion de patrimoine

Halifax (Nouvelle-Écosse)

« Les contraires s’attirent. Mon mari et moi avons des approches complètement différentes à l’égard de l’argent. Durant mon enfance, ma famille faisait très attention au peu d’argent dont elle disposait, tandis que la famille de mon mari n’a pas connu les mêmes difficultés financières. Je dépensais peu alors que lui était désinvolte, ce qui était parfois frustrant pour nous deux. Quand nous avons acheté notre première maison, j’en avais assez d’être la personne qui s’occupait de l’argent dans notre relation. Nous avons donc décidé que je prendrais du recul et qu’il s’occuperait de toutes les factures. Il découvrait soudainement où allait notre argent et à quel rythme il sortait. Mon mari a commencé à apprécier ma tendance à économiser quand c’est possible. Maintenant que je l’ai mis dans le coup, notre frustration a diminué. Désormais en tant que conseillère, j’essaie de faire participer les deux conjoints à nos discussions sur leurs objectifs et leur argent et de les aider à comprendre leurs angles morts mutuels. »

Leçon à retenir : Servez-vous de votre argent pour faire de l’argent

Ludovic Choinière

Planificateur financier

Montréal (Québec)

« À l’école primaire, mon frère et moi recevions une allocation d’un dollar chaque semaine pour effectuer des tâches ménagères. J’utilisais ce dollar pour me récompenser en achetant des bonbons, tandis que mon frère l’épargnait. Il a fini par épargner suffisamment pour acheter LA console de jeux vidéo que nous convoitions tous les deux. Je devais alors lui verser mon allocation pour jouer avec ses jeux vidéo. Mon frère constatait que je me concentrais sur le moment présent et une gratification immédiate, sans trop penser à l’avenir. J’ai appris qu’en économisant mon argent, non seulement je pouvais faire plus de choses, mais je pouvais aussi le faire fructifier. Sans surprise, nous travaillons tous les deux en finance aujourd’hui. »

Leçon à retenir : Une voiture n’est pas un investissement

Samuel Vallières

Planificateur financier/détenteur d’un certificat en stratégie de retraite

Montréal (Québec)

« Quand j’avais 17 ans, j’économisais tout mon argent et j’ai acheté ma première voiture. C’était un coupé d’un an qui coûtait environ 20 000 $. L’auto s’est non seulement dépréciée, mais son entretien et son assurance me coûtaient cher. J’occupais deux emplois uniquement pour me permettre cette voiture, même si je n’en avais pas vraiment besoin. Je pouvais me déplacer facilement en transport en commun. Entre-temps, j’ai dû souscrire un prêt étudiant pour pouvoir fréquenter l’université. J’aurais aimé que quelqu’un m’aide à réaliser que ça valait la peine d’investir dans mes études, alors que trois ans plus tard, l’automobile ne valait plus que le tiers du prix que j’avais payé. C’est un souvenir que je garde toujours à l’esprit lorsque je cerne les objectifs avec mes clients. »

Leçon à retenir : Votre maison est un investissement

Julie Fitzpatrick

Conseillère, comptable professionnelle agréée

St. John (Nouveau-Brunswick)

« L’achat d’une propriété constituait un de mes objectifs les plus importants. J’ai commencé à économiser à 19 ans et j’ai travaillé dans le cadre d’un programme coopératif pendant mes études universitaires pour épargner. Quand j’ai finalement été en mesure d’économiser suffisamment pour verser une mise de fonds, j’ai trouvé un vieil immeuble dont un logement avait été rénové, mais l’emplacement laissait à désirer. J’étais tellement déterminée à acheter un logement et à entrer dans le marché rapidement, que je n’ai probablement pas pris la meilleure décision de placement. Quand est venu le temps de vendre, je n’ai réalisé aucun profit. Si j’avais épargné à peine un peu plus au départ, j’aurais pu me permettre un logement qui aurait constitué un meilleur placement. Un conseiller aurait pu m’aider à voir plus loin que l’enthousiasme de l’achat. »

Leçon à retenir : Votre maison est aussi un foyer

Jenny Cho

Planificatrice financière

Toronto (Ontario)

« Notre première maison était bien située dans la ville, à proximité de notre lieu de travail. Au fil du temps, mon mari et moi avons réalisé que nous voulions une plus grande maison. Nous avons alors décidé de déménager en banlieue pour avoir une maison plus spacieuse et à moindre coût. Sur le plan financier, notre décision était sensée, mais du point de vue de la qualité de vie, vivre dans une maison plus grande et plus éloignée augmentait notre stress. Assurément, nous n’avons pas assez réfléchi aux changements que cette décision apportait à notre style de vie et avons misé davantage sur l’occasion de placement possible. Même si c’était une bonne décision financière, le navettage au quotidien durant l’hiver est très pénible! »

Leçon à retenir : Ne gaspillez pas cette augmentation

Jessica Bélanger

Planificatrice financière

Montréal (Québec)

« La première fois que j’ai eu une augmentation, je l’ai flambée presqu’en entier en faisant un voyage à Cuba avec mes amies. Hormis quelques très beaux souvenirs, il ne m’en reste pas grand-chose. Quand vous recevez une augmentation de salaire, vous devriez peut-être en épargner une partie en vue de vos objectifs à long terme. Vous pouvez être tenté d’acheter un meilleur téléphone, de faire plus de sorties au restaurant ou d’acheter de plus beaux vêtements, mais résistez à ces tentations. J’essaie de sensibiliser mes clients à cela. »

Leçon à retenir : Protégez votre avenir

Amin Sandhu

Planificatrice financière

Montréal (Québec)

« Quand j’étais plus jeune, mon père a eu un accident du travail. Il ne détenait aucune assurance invalidité et était le seul pourvoyeur. Ma mère a dû retourner travailler et même si mes parents disposaient d’un fonds d’urgence, j’ai été témoin du stress que cette situation leur a occasionné. Mettre de l’argent de côté en cas d’imprévu a été salutaire pour notre famille. À notre âge, nous pensons que nous n’avons pas besoin d’une assurance puisque nous sommes jeunes et en santé, mais c’est peut-être maintenant que nous pouvons le plus nous le permettre. »

Leçon à retenir : Se brosser les dents peut inspirer une analogie avec l’argent

Matthew Rodier

Gestionnaire de portefeuille et conseiller en placement

Montréal (Québec)

« Dans un discours qu’elle a fait à l’occasion de notre mariage, ma femme a affirmé que “dans le monde, il y a ceux qui enroulent le tube de dentifrice et ceux qui l’écrasent”. Je suis de ceux qui enroulent le tube, alors que ma femme l’écrase. Je fais plus attention à presque tout, y compris à l’argent. Elle écrase le tube, en profitant de la vie sans trop se soucier de ce qui vient après. Mais au fil des années, nous nous sommes rendu compte qu’il devait y avoir un équilibre. Il faut parfois enrouler le tube, par exemple lorsqu’il est presque vide. À d’autres moments, c’est bien d’écraser le tube, surtout s’il renferme encore beaucoup de dentifrice. Nous mettons cette philosophie en application dans notre mariage et concernant notre argent. Pour nous, l’important est d’avoir un plan à long terme qui nous guide en cours de route, en nous permettant à tous les deux de nous brosser les dents. »

Leçon à retenir : Minimaison, grand bonheur

Fred Zhou

Planificateur financier principal

Kamloops (Colombie-Britannique)

« Au début, ma femme et moi voulions réaliser notre rêve d’avoir une grande maison en ville en accordant la priorité à nos carrières. Mais peu après notre mariage, nous nous sommes rendu compte que nous travaillions de longues heures, que nous mangions tard à notre arrivée à la maison et que nous passions peu ou pas de temps ensemble. Nous avons donc décidé d’entreprendre une grande rénovation de notre style de vie. Nous avons loué notre maison et avons construit une minimaison à la ferme de mes beaux-parents. Sa superficie est d’à peine 420 pieds carrés. Ma femme a quitté son emploi de pharmacienne pour travailler à la ferme. Nous sommes beaucoup plus heureux et moins stressés, parce que nous n’avons plus le fardeau financier et matériel lié à une grande maison. Nous espérons avoir des enfants un jour, et peut-être devrons-nous alors changer de maison, mais nous espérons garder la même philosophie. J’essaie de rappeler à mes clients que les biens n’apportent pas nécessairement le bonheur. »

Leçon à retenir : Remboursez ce prêt étudiant

Phoebe Ng

Planificatrice financière

Vancouver (Colombie-Britannique)

« J’avais un prêt étudiant à l’université et malgré la période de grâce de six mois suivant l’obtention d’un diplôme avant le début du remboursement, je n’avais pas réalisé que les intérêts courraient durant cette période. De plus, le taux d’intérêt était élevé. Dès que j’ai constaté le rythme de croissance de ma dette, j’ai décidé de rembourser mon prêt le plus tôt possible. J’ai obtenu de bons conseils financiers, un prêt à un taux favorable et je l’ai remboursé. Même si j’ai renoncé au crédit pour études, j’ai fait le calcul et j’ai constaté que ça valait toujours la peine. »

Leçon à retenir : Utilisez les cartes de crédit pour les bonnes raisons, et non pour les mauvaises

Sarah McLean

Planificatrice financière

Cobourg (Ontario)

« Durant mes études universitaires, mon père m’a dit d’obtenir une carte de crédit pour commencer à établir mon crédit. J’aurais aimé qu’un guide de l’utilisateur vienne avec ce conseil, parce que j’ai atteint rapidement ma limite de crédit de 1 000 $. Des vêtements, des souliers, des sorties au restaurant… l’argent semblait gratuit. Quand j’ai reçu mon premier relevé, j’ai fait le calcul et j’ai réalisé le nombre d’heures que je devrais travailler à mon emploi à temps partiel pour rembourser le solde. J’ai fini par le rembourser et plutôt que de me défaire complètement des cartes de crédit, désormais, je les utilise seulement pour acheter ce que je peux m’offrir et je rembourse le solde en entier chaque mois. »

Leçon à retenir : Les frais de retrait peuvent saboter votre épargne

Trixie Mangunpratomo

Planificatrice financière

North York (Ontario)

« Comme je suis venue de l’Indonésie pour fréquenter l’université au Canada, je n’étais pas bien préparée au fonctionnement du système bancaire. Je n’avais même jamais eu de carte de crédit. Quand j’ai fait une demande d’ouverture de compte bancaire, j’ai choisi le compte le plus basique. Quand j’ai finalement parlé avec un conseiller, il m’a signalé que je payais 80 $ par mois en frais d’opération et de retrait. Si seulement j’avais épargné ce 80 $ dans un CELI ou un REER, ce placement aurait vraiment fructifié. »

DENISE O’CONNELL

PARLONS ARGENT ET VIE

* À propos du sondage : Le Groupe Banque TD a commandé le sondage sur la finance comportementale de Gestion de patrimoine TD auquel ont répondu plus de 1 600 Canadiens de tout le pays en 2017.

  1. Gestion de patrimoine TD, « Analyse de recherche sur la finance comportementale », 16 février 2018.