Vous saviez peut-être que ça s’en venait. Ou peut-être que vous ne l’avez pas vu venir. Peu importe la situation, constater en entrant dans la salle de réunion qu’il y a un représentant des Ressources humaines avec votre gestionnaire, c’est comme un coup de poing dans le ventre. Vous comprenez que vous êtes sur le point d’être « remercié ».

« Renvoyé ».

« Viré ».

Ou, pour utiliser un mot plus officiel : congédié.

Ce moment peut être déroutant, déchirant et angoissant pour n’importe qui. Il y a des formulaires à signer, des effets personnels à recueillir et des membres de la famille à mettre au courant. Ce sera sans aucun doute stressant. Mais courage : avec le bon savoir-faire, il y a tout lieu de croire que vous pouvez solidement retomber sur vos pieds.

« De plus en plus d’employés font face à un congédiement ou à une mise à pied temporaire », constate Genevieve Cantin, avocate spécialisée en droit du travail au sein du cabinet Cavalluzzo LLP à Toronto. « Un employé dont le poste a été touché par la pandémie ne doit pas présumer qu’il ne dispose d’aucun recours. »

Pour de nombreux Canadiens, dont certains risquent d’être mis à pied pour la première fois de leur vie active, il peut être naturel de se demander quelles sont les prochaines étapes. Avant toute chose, Mme Cantin vous suggère d’obtenir des conseils juridiques, avant même que se concrétise la mise à pied ou le congédiement temporaire que vous croyez voir venir. Et si la rencontre avec les RH que vous redoutiez tant se produit, voici une liste de dix choses à considérer qu’elle nous a aidés à établir.

1. Consulter un avocat

Vous ne devriez pas vous sentir pressé de signer quoi que ce soit. Mme Cantin affirme que les employeurs offrent souvent des indemnités de départ inférieures à celles auxquelles un employé peut avoir droit en cas de cessation d’emploi sans motif valable. Un avocat peut vous aider à examiner votre indemnité de départ et à négocier, au besoin. Des facteurs comme l’âge de l’employé, son nombre d’années de service, son poste et ses responsabilités, ainsi que les possibilités d’emplois similaires, représentent tous des éléments pertinents qui servent à déterminer ce qui lui est dû au moment de sa cessation d’emploi en vertu de la loi. Durant cette période, on pourrait aussi vous présenter des renonciations, des ententes de non-divulgation et des clauses de non-concurrence. Tous ces documents doivent être examinés par un avocat.

2. Examiner attentivement votre dernière paie

Demandez le détail de ce qui sera inclus dans votre dernière paie et vérifiez le montant par rapport à vos propres dossiers. Vous avez peut-être des vacances inutilisées ou des commissions qui seront payées à ce moment-ci. Si vous avez des dépenses qui ne vous ont pas encore été remboursées, vérifiez qu’elles sont incluses dans cette paie.

3. Consulter un professionnel des services financiers

Si vous travaillez pour votre entreprise depuis longtemps, l’importance de l’indemnité de départ pourrait vous surprendre. Un professionnel des services financiers peut examiner votre situation financière globale et vous aider à déterminer comment tirer profit de votre indemnité de départ. Par exemple, votre ancien employeur pourrait vous offrir la possibilité de recevoir un paiement forfaitaire ou de maintenir votre salaire sur une période donnée. Un professionnel des services financiers pourrait vous offrir des suggestions pour structurer vos indemnités de départ afin de réduire l’impôt à payer. Enfin, il peut vous aider à transférer votre régime de retraite d’entreprise dans un compte de retraite ailleurs et à orienter votre stratégie de placement.

4. Obtenir votre relevé d’emploi

Le relevé d’emploi est un document nécessaire pour présenter une demande d’assurance-emploi. Il est important qu’il indique la raison exacte de votre départ. Si ce n’est pas le cas, la demande de prestations d’assurance-emploi pourrait poser problème. De nombreux employeurs transmettent maintenant les relevés d’emploi en ligne. Vous pouvez accéder à votre relevé au moyen de l’option Mon dossier sur le site Web de l’Agence du revenu du Canada, si vous ne le recevez pas par la poste.

5. Faire une demande d’assurance-emploi

L’assurance-emploi n’entrera peut-être pas en vigueur avant la fin de votre période de versement d’indemnité de départ, mais il vaut la peine de téléphoner à Service Canada pour savoir quand vous devriez présenter une demande. Dans certains cas, vous devriez présenter une demande de prestations après au moins sept jours sans travail ni rémunération. Dans d’autres cas, votre indemnité de départ pourrait retarder vos prestations. Communiquez avec un représentant de l’assurance-emploi pour obtenir des précisions.

6. Revoir votre assurance vie

Vous aviez peut-être souscrit une assurance vie auprès de votre employeur, et elle faisait sans doute partie de votre plan de gestion de patrimoine global. Le moment peut être propice pour passer en revue vos autres protections afin de ne pas laisser vos proches dans le pétrin si quelque chose vous arrivait.

7. Veiller à avoir une assurance soins médicaux et soins dentaires

Certains employeurs vont prolonger vos avantages sociaux pendant une certaine période dans le cadre de votre indemnité de départ globale. Si vous pensez que vous allez perdre les avantages sociaux qui ont été prolongés ou s’ils expirent à un moment donné, vous devrez peut-être aller en chercher ailleurs. Notez la date d’échéance et planifiez en conséquence. Vous pourriez trouver des options de protection abordables auprès de l’association de diplômés de votre école, de votre association d’automobilistes ou d’autres régimes collectifs auxquels vous avez accès.

8. Établir un budget à court terme

Évaluez ce que vous avez épargné, les fonds qui entrent et ceux qui sortent, et voyez comment vous pouvez réduire votre budget pour les prochains mois. Chaque petit montant peut aider.

9. Trouver un réseau de soutien

Perdre son emploi peut être difficile sur le plan émotionnel. Si vous ne pouvez pas compter sur un cercle intime pour vous aider, vous pouvez trouver des groupes de soutien en ligne ou même communiquer avec un thérapeute. De nombreuses entreprises continuent d’offrir leurs programmes de bien-être et leurs services de consultation aux employés pendant une certaine période après la cessation d’emploi, ce qui pourrait se révéler utile.

10. Élaborer une stratégie de recherche d’emploi

Cette période de chômage ne durera probablement pas éternellement et vous pourriez être en mesure de la raccourcir considérablement grâce à une approche ciblée de recherche d’emploi. Cette approche peut intégrer le réseautage, l’acquisition de nouvelles compétences ou la création d’un plan servant à vous promouvoir. Mme Cantin prévient que certaines indemnités de départ peuvent inclure une disposition de récupération qui pourrait avoir une incidence sur le versement des indemnités si vous trouvez un nouvel emploi. Voilà une autre raison de consulter un avocat. Vous vous sentez vraisemblablement pressé d’agir rapidement, mais prenez garde de ne pas accepter un emploi qui pourrait compromettre vos objectifs financiers ou faire régresser votre cheminement de carrière.

C’est une période tumultueuse. Vous avez possiblement l’impression que le moment est venu de procéder à une réorganisation majeure de votre vie, comme un changement de carrière, un déménagement ou le démarrage de votre propre entreprise. Toutefois, prendre des décisions financières irrévocables n’est peut-être pas dans votre intérêt en ce moment. Prenez le temps de décider de ce que vous voulez et planifiez comment y arriver. Et quand la poussière retombera, pensez à prendre le temps d’examiner votre situation financière de temps à autre. Lorsque vous trouverez un emploi, un professionnel des services financiers pourra vous aider à créer un plan pour vous remettre sur la bonne voie le plus rapidement et le plus facilement possible.

Mme Cantin affirme qu’il est sage de comprendre vos droits juridiques avant d’accepter un nouveau poste. « Pour la prochaine fois, pensez à obtenir des conseils juridiques avant d’entamer une nouvelle relation d’emploi. Ce n’est jamais facile de faire face à une cessation d’emploi, mais s’y préparer peut faciliter les choses », conclut-elle.

DENISE O’CONNELL

PARLONS ARGENT ET VIE

ILLUSTRATION

VERONICA PARK