CHRIS GANDHU

PLANIFICATEUR POUR LES CLIENTS À VALEUR NETTE ÉLEVÉE, GESTION DE PATRIMOINE TD

Même quand tout va bien, aller à l’université ou au collège peut représenter un défi pour les étudiants et entraîner des difficultés financières pour les familles. Toutefois, la cohorte d’enfants de cette année pourrait trouver cela particulièrement décourageant. En raison des perturbations causées par la COVID-19, de nombreux jeunes qui se préparaient à entrer dans un établissement d’enseignement collégial ont vu leur dernière session d’études secondaires interrompue. Bien qu’il soit encore trop tôt pour faire des prévisions, il semble que certains de ceux qui prévoyaient quitter la maison à l’automne pourraient plutôt commencer leurs études universitaires dans leur chambre à coucher.

Dans ce contexte d’incertitude, les parents font également face à des problèmes, car la volatilité des marchés peut avoir réduit les fonds du régime enregistré d’épargne-études (REEE) de leurs enfants. Confrontés aux perturbations de l’activité professionnelle, au stress causé par l’isolement volontaire et à l’incertitude générale, peu d’entre nous ont le temps ou l’énergie de se préoccuper de leur REEE. Si vous vous posez des questions sur votre REEE familial, vous n’êtes sans doute pas le seul. Voici quelques éléments à considérer.

Que dois-je faire si la la valeur du REEE de mon enfant a diminué?

Tout d’abord, la situation de chacun est différente, alors il est important de discuter de votre cas particulier avec un professionnel des services financiers. De plus, s’il reste plus de cinq ans avant que votre enfant entre à l’université ou au collège, vous n’avez peut-être pas à vous inquiéter – vos placements devraient avoir le temps de se redresser. Mais je peux penser à deux situations où les répercussions de la pandémie de COVID-19 peuvent être particulièrement importantes si votre enfant était sur le point de terminer ses études secondaires ou s’il était à mi-parcours de ses études collégiales ou universitaires.

Dans le premier scénario, vous aviez suffisamment de fonds dans le REEE pour payer quelques années de droits de scolarité avant que la pandémie frappe. Il faudra du temps pour que vos fonds reviennent à leur niveau initial, et certains économistes croient que la situation s’améliorera si l’économie amorce une reprise à la fin du printemps. 1 Heureusement, le temps joue en votre faveur parce que le versement des droits de scolarité pour la dernière année n’est pas imminent – le rendement futur des placements (et vos cotisations) pourraient suffire à rétablir la valeur de votre REEE.

Dans le deuxième scénario, vous n’aviez pas suffisamment de fonds pour payer les études de votre enfant et la chute du marché a peut-être exacerbé le problème. Dans ce cas, vous pourriez avoir recours aux bourses d’études ou autres et à l’aide aux étudiants, en plus du salaire tiré d’un emploi d’été, pour combler l’écart. Il existe également des programmes de soutien financier, dont je parlerai plus en détail bientôt.

Si vous décidez d’emprunter de l’argent temporairement, assurez-vous de ne pas être surchargé par des prêts à taux d’intérêt élevé. L’utilisation du Programme canadien de prêts aux étudiants (PCPE) pourrait être votre meilleure option. Des propositions visant à modifier le PCPE faciliteront l’admissibilité et permettront d’emprunter des montants plus élevés. Le montant maximal versé dans le cadre du Programme canadien de subventions aux étudiants (qui n’exige pas de remboursement) est maintenant doublé pour les étudiants à temps plein et à temps partiel, les étudiants ayant des personnes à charge et les étudiants ayant une incapacité permanente.

Si je retire des fonds pour payer mes droits de scolarité et que la session est annulée, puis-je cotiser de nouveau?

La mauvaise nouvelle, c’est que, à moins d’un changement de la part du gouvernement, l’ARC n’autorise actuellement aucune nouvelle cotisation si une telle situation survient. Même si ce genre de scénario pourrait ne jamais se reproduire, nous vivons une période sans précédent et il est utile de disposer de toute l’information pertinente.

La bonne nouvelle, c’est qu’il reste encore quelques mois avant septembre et que tout le monde espère être de retour en classe d’ici là. De plus, à l’exception de brèves perturbations, de nombreux programmes universitaires se sont poursuivis – avec des cours à distance – pendant l’hiver et devraient se poursuivre pendant l’été. Par conséquent, même si la vie universitaire ou collégiale de votre jeune pourrait se révéler complètement différente de l’expérience qu’on aurait pu imaginer, les écoles devraient rester ouvertes.

Mon enfant n’a pas pu trouver d’emploi cet été à cause de la COVID-19. Devrais-je retirer d’autres fonds du REEE pour couvrir le manque à gagner?

En un mot, je répondrais « Oui ». Plusieurs personnes prévoient payer leurs frais de scolarité et leurs frais de subsistance chaque année à l’aide d’un REEE et du salaire d’un étudiant. Ainsi, les fonds du REEE peuvent continuer à s’accumuler et à donner un coup de pouce pendant toute la durée des études postsecondaires. Cette année, l’été sera peut-être difficile pour les étudiants car les emplois sont rares, mais si vous épargnez depuis des années dans un REEE et que les droits de scolarité doivent être payés, il est tout à fait logique d’utiliser les fonds du REEE, que votre étudiant puisse contribuer ou non à ses frais de scolarité et de subsistance.

Mais que se passe-t-il si vous épuisez les fonds du REEE plus tôt, entraînant une insuffisance de fonds plus tard? Vous pouvez continuer à cotiser au REEE, peut-être même augmenter vos cotisations et combler le déficit entre-temps. N’oubliez pas qu’il pourrait être judicieux de conserver des placements prudents pour protéger la valeur de vos cotisations, puisque vous en aurez besoin dans quelques années à peine. Un professionnel des services financiers pourra vous aider à décider de la meilleure ligne de conduite à adopter.

Les étudiants devraient également examiner les divers programmes d’aide mis en place par le gouvernement du Canada, notamment la Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants (PCUE) qui offre un soutien au revenu de 1 250 $ par mois (1 750 $ pour ceux qui ont des personnes à charge ou un handicap) aux étudiants de niveau postsecondaire qui ont perdu des occasions d’emploi en raison de la COVID-19. Les diplômés du secondaire qui prévoient fréquenter un établissement d’enseignement postsecondaire sont également admissibles.  

En plus de la PCUE, le gouvernement fédéral a également annoncé une nouvelle Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant qui devrait verser jusqu’à 5 000 $ pour aider les étudiants à payer leurs études postsecondaires à l’automne. Dès que d’autres renseignements seront communiqués, vous pourrez vérifier si votre enfant est admissible à cette bourse, ce qui pourrait atténuer certaines des pressions financières liées au fait de retirer de l’argent d’un REEE épuisé.

Compte tenu de tout ce qui se passe, est-il logique de suspendre les cotisations au REEE?

Non, pas si vous avez les moyens de continuer à cotiser. Les REEE sont un excellent moyen de faire fructifier des fonds à l’abri de l’impôt pour payer les études de vos enfants. Il est compréhensible que vous vous inquiétiez de la situation économique actuelle. Mais si vous cessez de verser des cotisations, vous risquez de rater une forte poussée de croissance sur le marché. Pire encore, vous pourriez ne pas avoir assez d’argent pour financer les études le moment venu. 2 De plus, bien que personne ne puisse prédire l’avenir, le moment est peut-être bien choisi pour investir. Comme les marchés sont loin de leurs sommets, vous pourriez être en mesure de tirer parti d’un éventuel rebond. Cela peut être particulièrement vrai s’il reste encore plusieurs années avant que votre enfant entre à l’université ou au collège. Selon vos perspectives de placement, les gains à réaliser en accédant au marché maintenant pour payer les frais élevés des études dans plusieurs années pourraient l’emporter sur les problèmes à court terme de 2020.

Chris Gandhu offre aux propriétaires d’entreprise et aux familles à valeur nette élevée des services poussés en matière de planification financière, fiscale, successorale et de succession d’entreprise à Gestion de patrimoine TD. Il possède une expertise particulière en planification successorale transfrontalière, aidant les Canadiens qui ont des liens avec les États-Unis à aborder des questions de planification successorale, fiduciaire et fiscale.