SANDRA BUSSEY

VICE-PRÉSIDENTE, PLANIFICATRICE POUR LES CLIENTS À VALEUR NETTE ÉLEVÉE, GESTION DE PATRIMOINE TD

R : Vous mentionnez trois problèmes qui sont à l’origine de votre inquiétude : l’augmentation des taux d’intérêt, l’endettement et l’approche de la retraite. Ces questions ne sont sans doute pas indépendantes les unes des autres et peuvent indiquer que vous n’avez plus confiance dans votre plan de retraite. Peut-être n’avez-vous pas de plan du tout, ce qui peut certes être préoccupant si vous lisez les manchettes au sujet de la hausse des taux et que vous vous demandez jusqu’où ceux-ci vont augmenter.

Examinons quelques problèmes précis et certaines inquiétudes. Vous avez raison de vous demander s’il est opportun d’augmenter votre endettement à l’approche de la retraite. À la retraite, nous commençons à puiser dans nos économies. En l’absence d’un revenu régulier, nous ne voulons pas voir notre pécule, que nous avons durement amassé pendant toutes ces années, diminuer pour rembourser nos dettes. Il peut même être tentant de puiser à même vos économies pour réduire votre endettement. N’oubliez pas qu’à votre retraite, vous devrez compter sur vos économies pendant au moins les 25 prochaines années. Autrement dit, l’épargne-retraite destinée à votre avenir ne doit pas servir à payer des factures du passé. Une retraite sans dettes devrait donc être l’un de vos objectifs, dans la mesure du possible.

Précisons toutefois que certaines dettes sont préférables à d’autres. Toutes choses étant égales par ailleurs, l’emprunt hypothécaire sur une maison qui prend de la valeur est préférable à l’endettement par carte de crédit, qui s’accompagne souvent de taux d’intérêt à deux chiffres qui peuvent annuler le rendement que vous réalisez sur votre épargne.

Par ailleurs, si vous avez un solide plan de retraite, une augmentation des versements hypothécaires ne vous empêchera pas de dormir la nuit. Il se peut que les hausses de taux rendent les gens nerveux, puisque les taux d’intérêt sont bas depuis longtemps, mais elles font partie d’un cycle économique normal. Un plan souple devrait vous aider à traverser différentes conjonctures parce que nous savons que la situation évolue sans cesse. Les taux augmentent et diminuent. Les marchés boursiers montent et baissent. Les lois fiscales évoluent tantôt à votre avantage, tantôt à votre détriment. Il en va de même dans votre vie personnelle : vous décrochez un emploi mieux rémunéré, vous recevez une prime ou un héritage ou vous perdez votre emploi et êtes temporairement au chômage. Il se peut également que vous assumiez des dépenses inattendues, comme le financement des soins de santé de vos parents. Votre plan de retraite, qui comporte souvent une marge pour vos obligations hypothécaires et une protection pour parer à toute éventualité, peut prendre tous ces éléments en considération.

Une augmentation des taux peut modifier légèrement vos grands projets et vous obliger à réduire quelque peu vos dépenses discrétionnaires, mais elle ne devrait pas causer de grands bouleversements. Surtout, elle ne devrait pas provoquer une réaction en chaîne qui aura un impact sur vos projets de retraite ou sur votre capacité à rembourser le solde de vos cartes de crédit ou à aider vos enfants adultes.

Si vous envisagez de prendre votre retraite bientôt, mais que les événements récents vous inquiètent, cela signifie peut-être que votre plan doit être ajusté. Vous ne savez pas ce que vous ne savez pas. Le moment est sans doute venu de revoir votre plan.

Récemment, des clients – qui sont en bonne voie d’avoir une retraite confortable – faisaient face à un dilemme : restaurer ou non les planchers de leur maison. Ils n’étaient pas certains d’en avoir les moyens, parce qu’ils n’avaient pas revu leur plan de retraite depuis un certain temps et ne savaient pas sur quoi fonder leur décision au sujet de cette dépense plutôt banale. Ils ne connaissaient pas leur situation – et, bien entendu, ils avaient les moyens de restaurer leurs planchers.

Si l’augmentation des taux d’intérêt vous incite à revoir votre plan de retraite, c’est une bonne chose. L’idéal est de faire le point sur votre situation avec un planificateur financier ou un conseiller au lieu de vous ronger les sangs. En fait, plus la retraite approche, plus il faut revoir son plan souvent. Un conseiller peut évaluer divers scénarios pour voir si vous êtes en voie d’atteindre vos objectifs de retraite ou, sinon, vous proposer des stratégies pour vous remettre sur la bonne voie.

Sandra Bussey est comptable agréée depuis plus de 30 ans. Dans son article précédent « Moi et ma grosse maison » publié dans Parlons argent et vie, elle expliquait les avantages et les inconvénients de vendre sa maison. À sa retraite, elle espère passer ses étés à explorer les plages de sable rouge de l’Île-du-Prince-Édouard.