La pandémie de COVID-19 continue d’avoir une influence démesurée sur nos vies. Or, bien que nous devons conjuguer avec des mesures de confinement, des restrictions et des programmes de vaccination, certains aspects de la vie courante restent inchangés. La période des impôts est arrivée et avec elle, l’appréhension de devoir retrouver vos reçus ou l’anticipation d’un remboursement d’impôt une fois votre déclaration produite. Mais cette année, la production de votre déclaration de revenus pourrait être bien différente de ce à quoi vous avez l’habitude.

En effet, ce processus pourrait être plus complexe que par les années passées. En 2020, le gouvernement fédéral a mis en place une série de mesures pour contrer les effets de la COVID-19 et modifié certaines règles fiscales. De plus, nous sommes nombreux à avoir vu notre mode de vie, nos revenus et nos dépenses chamboulés au cours de la dernière année. C’est en partie pour ces raisons que certains experts conseillent de ne pas faire l’erreur d’attendre à la dernière minute pour produire votre déclaration de revenus.

« La pandémie de COVID-19 a changé la façon dont nous vivons et, pour bon nombre d’entre nous, elle changera aussi la façon dont nous payons nos impôts. Nous devrions tous nous préparer à la période des impôts et être prêts à mieux nous informer sur les sommes que nous pourrions recevoir ou devoir », affirme Georgia Swan, planificatrice spécialiste de la fiscalité et des successions à Gestion de patrimoine TD.

Selon elle, même si notre revenu n’a pas changé l’année dernière, nous pourrions songer à des crédits d’impôt ou à d’autres occasions qui nous sont offertes et que nous n’avons pas encore utilisées, ce qui changerait la façon de produire notre déclaration de revenus pour 2020. Voici quelques points à prendre en considération avant de produire votre déclaration de revenus.

N’oubliez pas les dates limites de production

L’an dernier, le gouvernement a repoussé les dates limites de production des déclarations de revenus en raison de la pandémie de COVID-19. Toutefois, aucun délai de grâce n’a été annoncé cette année et nous sommes revenus aux échéances habituelles. La date limite de production des déclarations de revenus des particuliers est le 30 avril. Si vous êtes travailleur autonome, ou avez un époux ou un conjoint de fait qui est travailleur autonome, la date limite pour produire votre déclaration de revenus est le 15 juin, mais si vous devez payer de l’impôt, la date limite de paiement est le 30 avril. Dans le cas d’une fiducie dont la fin d’exercice est le 31 décembre, la date limite pour produire une déclaration de revenus est le 31 mars. Si leur exercice se termine à une autre date, elles doivent produire leur déclaration dans les 90 jours après la fin de l’année.

Souvenez-vous des chiffres qui suivent :

  • REER

Pour 2020, la cotisation maximale à un REER correspond à 18 % de votre revenu gagné en 2019, jusqu’à concurrence de 27 230 $. De plus, vous pourriez avoir des droits de cotisation inutilisés des années précédentes qui pourraient être reportés.

  • CELI

Pour 2021, le plafond annuel est de 6 000 $ et, pour quelqu’un qui n’a jamais cotisé et qui est admissible à des fins de cotisation depuis 2009, le plafond de cotisation est de 75 500 $.

  • Montant personnel de base (MPB)

Pour 2020, le MPB – un crédit d’impôt non remboursable qui peut être demandé par tous les particuliers – a été porté à 13 229 $ pour les particuliers dont le revenu net est de 150 473 $ ou moins. Les particuliers dont le revenu est supérieur à ce montant voient leur prestation réduite.

  • Maximum des gains ouvrant droit à pension

Pour 2020, le montant maximal des gains ouvrant droit à pension s’établit à 58 700 $. L’exemption de base est de 3 500 $.

Pour connaître vos plafonds de cotisation à votre REER et à votre CELI pour l’année d’imposition, vous pouvez ouvrir une session dans Mon dossier sur le site de l’Agence du revenu du Canada (ARC) ou utiliser l’application MonARC. Ces ressources vous permettent de consulter en ligne vos renseignements personnels concernant l’impôt sur le revenu et les prestations. Vous pouvez également obtenir plus de renseignements auprès du Service des agents de liaison du programme de visibilité de l’ARC.

Gérez intelligemment la Prestation canadienne d’urgence (PCU) ou les autres prestations

Nous sommes nombreux à avoir l’habitude de recevoir des remboursements d’impôt du gouvernement, mais certains d’entre nous pourraient devoir de l’impôt pour la première fois en raison de la Prestation canadienne d’urgence (PCU), affirme Mme Swan. Le gouvernement a retenu 10 % d’impôt sur la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE), la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique (PCMRE) et la Prestation canadienne de la relance économique pour proches aidants (PCREPA). Toutefois, aucun impôt n’a été déduit sur les versements de la PCU, et ceux-ci seront déclarés comme un revenu imposable pour les bénéficiaires sur un feuillet T4A émis par l’ARC.

Pour cette raison, affirme Mme Swan, vous devriez savoir si vous devez payer de l’impôt cette année, et quand vous devrez le faire, car des pénalités et des intérêts peuvent s’accumuler si vous êtes en retard. Vous aurez peut-être besoin de temps pour trouver l’argent si vous devez de l’impôt. L’impôt à payer est exigible à la date de la déclaration de revenus, soit le 30 avril, mais le gouvernement a récemment annoncé un allégement temporaire des frais d’intérêt : les Canadiens qui ont reçu des prestations liées à la COVID-19 et dont le revenu imposable total est de 75 000 $ ou moins n’auront pas à payer d’intérêts sur les arriérés d’impôt avant le 30 avril 2022.

Selon Mme Swan, la meilleure façon de procéder est de calculer vos impôts rapidement et de communiquer avec votre conseiller fiscal ou l’ARC pour obtenir des conseils.

(Certaines personnes se sont rendu compte qu’elles n’avaient pas besoin des versements de la PCU et ont déjà remboursé les fonds au gouvernement. Si vous avez constaté que vous n’aviez pas droit à certaines des prestations d’urgence que vous avez reçues et que vous les avez remboursées avant le 31 décembre 2020, les montants remboursés seront déduits du montant indiqué sur votre feuillet T4A de 2020.)

Réclamez les déductions pour les dépenses liées au télétravail

Nous sommes nombreux à avoir été contraints de travailler de la maison (et à continuer de le faire) en raison de la pandémie de COVID-19. Face à cette situation, le gouvernement a simplifié les règles régissant la déduction des dépenses liées à un bureau à domicile. L’ARC a mis en place un nouveau processus simplifié permettant aux particuliers ayant travaillé plus de 50 % du temps de la maison, pendant au moins quatre semaines consécutives en 2020, de réclamer une déduction de 2 $ par jour pour un maximum de 200 jours de télétravail, soit un total de 400 $. Dans le cadre de ce processus, l’ARC n’exige aucun reçu pour justifier les dépenses engagées.

Toutefois, si vous croyez avoir dépensé davantage pour votre bureau à domicile, vous pouvez utiliser une méthode plus détaillée de demande de déduction qui tient compte notamment des frais de chauffage, d’électricité et même d’Internet. Selon la méthode détaillée, votre employeur doit produire un formulaire T2200 ou T2200S pour confirmer que vous deviez bel et bien travailler de la maison. De plus, cette même méthode exige que vous conserviez vos reçus et vos pièces justificatives pour appuyer vos calculs.

Vous trouverez plus de renseignements sur la  simplification du processus sur le site Web de l’ARC. L’ARC propose également un comparatif entre la méthode simplifiée et la méthode détaillée de remboursement de ces dépenses.

Snowbird : comprenez les règles américaines en matière de résidence

Les Canadiens qui voyagent régulièrement aux États-Unis durant la saison hivernale devraient être informés de l’incidence possible de la pandémie de COVID-19 sur leurs obligations en matière de déclaration de revenus au Canada, et potentiellement sur leur situation fiscale aux États-Unis. Pour éviter d’être considérés comme des résidents des États-Unis aux fins de l’impôt américain, les particuliers voudront éviter de répondre au critère de présence importante. Ce critère est fondé sur un calcul complexe qui tient compte du nombre de jours où l’on est physiquement présent aux États-Unis au cours de l’année et durant une période de trois ans comprenant l’année en cours.

Pour 2020, les États-Unis et le Canada ont assoupli leurs règles respectives en matière de résidence fiscale afin d’aider les voyageurs qui pourraient avoir été coincés d’un côté ou de l’autre de la frontière, à la suite de la fermeture du pays en raison de la pandémie. Pour profiter de l’assouplissement de ces règles, les Canadiens doivent remplir certains formulaires auprès de l’IRS et respecter des délais précis. Si une personne se trouve actuellement aux États-Unis ou envisage d’y voyager, elle doit savoir qu’à l’heure actuelle, l’assouplissement ne s’applique qu’à l’année 2020.

La législation touchant le statut de résidence aux fins de l’impôt américain peut être complexe. Il serait bon de consulter un fiscaliste pour connaître votre situation et vos responsabilités en matière de production de déclarations.

Prenez soin de vos êtres chers plus âgés

Le cercle social ou professionnel de vos parents, de vos grands-parents ou de vos amis plus âgés a peut-être été perturbé par la pandémie. Pensez à les informer de la complexité potentielle de leur situation fiscale cette année. Peut-être voudrez-vous même les aider à s’organiser afin qu’ils puissent produire leur déclaration avant la date limite.

« À l’heure actuelle, personne ne veut compliquer sa vie davantage; malheureusement, nous devons tous veiller à recevoir nos documents fiscaux à temps et à payer l’impôt dû, affirme Mme Swan. Il est préférable de s’atteler à la tâche immédiatement, car le problème ne fera que s’amplifier si vous devez en plus payer une pénalité et de l’intérêt sur toute dette envers l’ARC. »

DON SUTTON

PARLONS ARGENT ET VIE

ILLUSTRATION

DANESH MOHIUDDIN