Deanna et Hilton, tous deux septuagénaires, passent l’hiver dans le Sud depuis une dizaine d’années. Avant leur retraite, ils adoraient parcourir le monde. Lorsqu’ils ont décidé de prendre leur retraite, ils savaient qu’ils troqueraient les longs hivers canadiens contre la clémence des températures du Sud des États-Unis.

Mais il y a quelques années, alors qu’ils se trouvaient en Floride, Hilton a commencé à voir double et à sentir ses paupières tomber. «  J’ai compris que c’était grave, alors je me suis rendu aux urgences immédiatement  », se souvient-il. Une angiographie, une IRM et un tomodensitogramme ayant confirmé l’obstruction d’une artère cérébrale, Hilton a subi une opération d’urgence.

« Comme nous sommes prévoyants, nous avions acheté une assurance voyage, donc nous n’avons rien eu à payer de notre poche. Une telle facture aurait été catastrophique, sur le plan financier. »

« Les médecins nous ont dit qu’un retour au Canada serait impossible, raconte Deanna. Sa pression oculaire était si forte qu’ils déconseillaient le voyage en avion. » Hilton devrait être opéré en Floride. Le couple savait que les frais médicaux seraient exorbitants, mais ils étaient soulagés, sachant qu’ils avaient une police d’assurance voyage qui couvrirait ce type de situation.

Ils avaient vu juste. La facture médicale s’élevait à un demi-million de dollars. «  Heureusement, comme nous sommes prévoyants, nous avions acheté une assurance voyage, donc nous n’avons rien eu à payer de notre poche, raconte Hilton. Une telle facture aurait été catastrophique, sur le plan financier ».

L’histoire de Hilton et Deanna est la preuve flagrante que les bagages ne sont pas la seule chose à régler avant votre départ. Pour les touristes hivernants, la planification d’une urgence médicale ne devrait pas être prise à la légère.

1. Ne comptez pas sur le système des soins de santé du Canada

Lorsque vous êtes à l’étranger, il se peut que le régime d’assurance maladie canadien vous protège moins que ce que vous pensez. De plus, en cas d’urgence médicale, il se peut que le régime provincial ne rembourse que de faibles montants, équivalant à ce que vous auriez payé pour les services délivrés dans votre province de résidence. «  Le  montant remboursé pourrait être de quelques centaines de dollars, alors que la facture totale pourrait s’élever à plusieurs milliers de dollars, précise Anna Kavanagh, vice-présidente, TD  Assurance. À titre d’exemple, le traitement d’une jambe cassée aux ÉtatsUnis peut coûter environ 3 500 $ US 1 et un régime provincial peut rembourser 50 $ pour une hospitalisation ambulatoire 2.

2. Assurez-vous

Le coût de soins médicaux reçus à l’extérieur du Canada peut être élevé, même pour un incident sans gravité. Suivant le cas, votre police d’assurance peut couvrir tous les frais, des médicaments sur ordonnance aux soins hospitaliers. Dans le cas d’un long séjour, l’assurance voyage peut coûter cher; magasinez. « Ce qu’il faut vérifier, c’est la durée de la protection, qui doit correspondre à la durée du voyage, explique Kavanagh. Votre assurance doit vous protéger pour toute la durée de votre séjour. » Par l’intermédiaire de leurs anciens employeurs, l’assurance maladie de Deanna et Hilton les protège pour des périodes de deux mois lorsqu’ils se trouvent hors de la province. Pour leur séjour hivernal en Floride, ils ajoutent une autre protection, qui entre en vigueur lorsque leur assurance employeur prend fin, ce qui est économique. Pensez à emporter tous vos documents d’assurance lorsque vous traversez la frontière et conservez les pièces sur lesquelles figure la date de votre départ du Canada, comme une carte d’embarquement ou même le reçu d’une boutique hors taxe.

3. Optez pour une assurance complète

Une protection à hauteur de 1 000 000 $ peut sembler élevée, mais si la police n’est pas trop chère, choisissez une protection aussi complète que possible. Une police annuelle, qui est valide un an, sera peutêtre moins chère qu’une police qui vous couvre pour un seul voyage. «  Vous pourriez souscrire une police annuelle qui vous couvrira non seulement durant votre séjour hivernal, mais aussi durant les vacances d’été, souligne Mme Kavanagh. Elle vous protégera d’une année à l’autre, si vous décidez de la renouveler. » Certaines polices annuelles limitent le nombre de jours de protection durant vos séjours à l’étranger, donc si vous devez la compléter en vue d’un séjour prolongé, pensez à communiquer avec la société d’assurance avant votre départ.

4. Ne cachez rien

En matière d’assurance, la franchise est la seule ligne de conduite. Si vous divulguez un problème de santé antérieur ou existant, l’assurance vous coûtera peut-être plus cher, mais cela réduit le risque de rejet d’une réclamation par l’assureur. « Si vous prenez la peine d’acheter une assurance voyage, il vaut mieux s’assurer qu’elle vous protège bien  », fait remarquer Mme  Kavanagh. Signalez tout problème de santé ou symptôme et toute blessure ayant entraîné un quelconque traitement ou la prise de médicaments au cours des deux années précédant l’achat de la police d’assurance médicale de voyage. Mme  Kavanagh conseille également d’informer l’assureur des activités comportant certains risques prévues durant votre voyage, comme le saut à l’élastique ou l’escalade, car certains assureurs ne couvrent pas les activités qu’ils considèrent comme dangereuses.

5. Vous n’allez pas aux États-Unis?

De nombreux touristes hivernants choisissent le Mexique ou d’autres destinations soleil hors de l’Amérique du Nord. Même si le coût des soins médicaux peut être relativement modéré dans certains pays, une assurance médicale de voyage est conseillée. Une consultation médicale peut coûter seulement 35  $ dans certains pays, mais les frais pourraient grimper à 50 000 $, voire plus, si un rapatriement par avion est nécessaire.

6. Informez-vous avant de partir

Quelle que soit votre destination, faites quelques recherches à l’avance pour vous informer des services dont vous pourriez avoir besoin en cas d’urgence. Repérez la clinique ou l’hôpital le plus proche et informez-vous sur le numéro à composer. Le 911 vous donnera accès aux services d’urgence aux États-Unis, mais au Mexique ou ailleurs, le numéro d’urgence peut être différent.

7. Emportez vos médicaments sur ordonnance

Si vous avez des médicaments sur ordonnance, certaines provinces vous autorisent à demander une provision de médicaments correspondant à 200  jours de traitement en vue d’un voyage. « Je recommande aux voyageurs d’emporter une quantité suffisante de médicaments pour toute la durée du séjour, déclare Mme  Kavanagh. À l’extérieur du Canada, il arrive que les dosages soient différents ou que certains médicaments ne soient pas disponibles. » Emportez toujours une copie de votre ordonnance. Si  vous avez besoin de vous procurer des médicaments sur ordonnance aux États-Unis, il vous faudra obtenir une ordonnance auprès d’un médecin américain, mais en sachant ce qu’il vous faut. Pour faciliter le passage à la douane, gardez vos médicaments à portée de main, dans des emballages clairement étiquetés.

8. Le pouvoir de la procuration

Une procuration est essentielle pour autoriser quelqu’un à prendre les décisions relatives aux soins médicaux dont vous avez besoin. Lors de vos séjours à l’étranger, il est important d’avoir une procuration à jour. De plus, il est recommandé de donner force exécutoire à vos procurations dans l’état où vous séjournez, pour être sûr que leur validité sera reconnue.

9. Les bonnes choses ne devraient pas avoir de fin (surtout pas les soins de santé)

D’une province à l’autre, les règles diffèrent concernant la durée de l’absence qui entraîne la perte de vos prestations d’assurance maladie du gouvernement. Si  vous quittez la province pour une période prolongée, vous devrez peutêtre, à votre retour, vivre dans votre province pendant une période préétablie avant de redevenir admissible aux prestations. Informez-vous sur ces règles et soyez prêt à prouver que vous êtes en conformité avec les exigences en matière de résidence.

10. Déduisez les frais

Au moment de la déclaration de revenus, l’assurance maladie (y compris les primes d’assurance médicale de voyage) peut être admissible pour l’obtention d’un crédit d’impôt pour frais médicaux. Vous pouvez inclure les primes d’un régime complémentaire d’assurance soins de santé et d’assurance soins dentaires, à hauteur d’un certain montant, établi en fonction d’un plafond ou d’un pourcentage du revenu, selon le moins élevé des deux montants. Demandez à votre assureur de vous fournir un récapitulatif de votre protection médicale (excluant l’assurance annulation de voyage et l’assurance contre la perte des bagages). Les dépenses médicales que vous avez engagées à l’étranger peuvent également être admissibles.

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En conclusion

Comme le moindre accident peut entraîner des frais médicaux élevés aux États-Unis, Deanna veille toujours à ce qu’elle et son mari soient assurés, même s’ils franchissent la frontière juste pour une journée de magasinage. « Nous communiquons à la famille les renseignements relatifs à nos assurances, nous conservons des copies avec nous et nous gardons les numéros de téléphone de la famille sur nous, où que nous allions, explique Deanna. Mieux vaut prévenir que guérir. »

Denise O’Connell, Parlons argent et vie